Les dits du magoua



Publié le lundi 16 mai 2005


Lundi 16 mai 2005

Pourquoi bloguer ?

 

 Par chez Embruns suis tombé sur cette chouette réflexion sur la blogosphère de Fulcanelli. Je n'ai pas la prétention de résumer ici ces propos de haute volée. Je vais me contenter de répondre à quelques questions que son texte soulève dans mon esprit.

Pourquoi bloguer ? À l'aide du concept d'économie libidinale de Lyotard, Fulcanelli met le doigt sur le bobo :«L’auteur d’un blog ne dépense pas son énergie pour des prunes. Il attend quelque chose en retour, sinon il écrirait un journal intime et basta ! L’auteur est une âme en demande de transactions, d’échange » Là dessus, il a bien raison. Pour avoir tenu sporadiquement un journal intime que je ne relis jamais et qui dort; l'expérience du blogue permet en quelque sorte de d'investir ce capital dans une activité qui rapporte les intérêts que sont les lecteurs et les commentaires. D'où l'importance qu'on donne aux statistiques de fréquentation ou de référencement.

Poursuivons la métaphore financière. La rétribution de ce capital varie selon l'investissement qu'on y donne. Les pionniers de la blogosphère ayant investi plus tôt ce monde le voient plus rétribué, comme ces investisseurs hâtifs qui font des coup de bourses juteux. Sans rien enlever au mérite de ces utilisateurs précoces, le blogueur néophyte et arrivé tardivement doit faire un peu plus d'efforts en investissant judicieusement dans les commentaires des ses collègues.

Les liens réciproques aident aussi à faire augmenter la notoriété et le capital d'interaction. Ce réseautage virtuel peut sans doute être multiplié quand il passe du virtuel au réel. Pensons aux Yul blog ou aux Paris Carnets qui permettent une sorte de saut qualitatif dans la rétribution de l'investissement bloguique (?).

Est-ce que tous ces investissements sont égaux ? Sûrement pas. Comme dans le marché, je pense aussi que la qualité générale est mieux rémunérée. Encore là, ce critère de qualité variera selon les goûts et les désirs de chacun. Tout le monde n'aime pas le caviar... De plus, ce capital blogosphérique doit être lui aussi soumis aux variations du capital culturel que proposait Bourdieu. Bref...

C'est quand même curieux que les métaphores financières fassent tant florès de nos jours.


On pourrait aussi répondre à ce pourquoi bloguer par les paroles de Luc Granger sur cette chanson fétiche de Louise Forestier que je trafique un peu:

 

Pourquoi bloguer quand il y a tant à faire

Pourquoi niaiser devant ce beau parterre

Le temps précieux des gens soucieux

De trouver à qui vendre

Je l'ai perdu un peu vendu

Faut bien se faire entendre

Pourquoi bloguer alors que le temps presse

Pourquoi rêver et chanter les caresses

Comment savoir quand certains soirs

On voit la fin du monde

Au fond des yeux, au fond des cieux

Et sur toutes les ondes

 

Comment bloguer ce qu'on ne sait pas dire

Comment bêler

Si le troupeau veut rire

C'est une envie d'offrir la vie

Comme on offre une rose

Pour le plaisir le pur plaisir

D'échanger quelque chose

Je veux bloguer pour ce temps qu'il nous reste

Je viens verser la douceur d'un doux geste

Je viens aussi porter ma nuit au-dessus de vos rêves

Avec l'espoir qu'enfin ce soir mon âme se soulève

Je veux bloguer pour ce temps qu'il nous reste

Cette réponse est aussi bonne qu'une savante analyse...

Addenda du 17 mai: dommage que je ne sache comment mettre cette chanson Pourquoi chanter ici.



1 Commentaire :

Commentaire écrit le mardi 24 mai 2005 à 15:41:41 (lien)
Hélène
Si tu veux entendre l'extrait d'une superbe version de Pourquoi chanter, suis le lien,

http://www.chansonnouvelle.qc.ca/projet.php

Et si ça te donne le goût d'entendre 50 voix avec orchestre interpréter du répertoire québécois et français d'hier et d'aujourd'hui, viens voir le show du Choeur Pop vendredi ou samedi soir au Centennial. Ça te changera de la grisaille.

En passant ta photo riveraine de la Magog est renversante!


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