Les dits du magoua



Publié le dimanche 22 mai 2005


Dimanche 22 mai 2005

Raqué et oulipien

 J'étais d'humeur joyeuse hier d'où l'étrange texte qui précède. Mais quoi de mieux que le verre de vin du soir quand le jardinier contemple son ouvrage. Faut dire que j'ai passé la journée à déterrer et transplanter des vivaces, histoire de combler un peu les trous laissés par le déménagement également floral de ma voisine. Donc réaménagement de plates-bandes avec gymnastique acrobatique pour éviter d'éfouerrer les myosotis. Le tout culminant par une prestation tordue à la grosse tondeuse à gazon fraîchement réparée par le proprio.

Résultat net: tous ces muscles inutilisés depuis longtemps se rappellent douloureusement à moi aujourd'hui. Et en plus, fait tellement moche que j'ai même pas l'énergie d'aller contempler mon oeuvre.

***

Me suis quand même amusé à aller faire une oeuvre oulipienne chez Finis Africa ce matin. Marrant d'écrire un texte dont tous les mots ou presque commencent par la lettre C. L'ouvroir de littérature potentielle (OuLiPo) a fait beaucoup de ces jeux de lettres, le plus célébre étant le roman La disparition de Georges Perec, quasiment 200 pages sans utiliser la lettre E, faut le faire.

De Perec j'avais bien aimé il y a longtemps son roman La vie mode d'emploi et j'aime toujours relire Espèces d'espaces, une sorte de traité de géographie potentielle assez stimulant. Et je ne peux résister à vous amener à son grand palindrome, un texte de quatre pages imprimées qui utilise les mêmes lettres dans les deux sens.

Sur le même site, de Perec toujours, un génial pastiche d'article scientifique en anglais, of course, dont le résumé français est très près de ceux que je lis tous les trois mois dans Canadian Geographer / Géographe Canadien qui se prend pourtant au sérieux.

Normal, le Canada est oulipien, vous savez.