Les dits du magoua



Publié le mardi 28 juin 2005


Mardi 28 juin 2005

La fin de l'ironie ?

 Suis allé saluer en fin de semaine mon vieil ami poète en son studio montréalais. La chaleur accablante nous a fait nous désaltérer plus que de raison, mais la jase n'en fut que plus joyeuse. Il m'a raconté une de ses mésaventures insulaires. À une lecture, il a dédié un poème improvisé à une collègue et amie sous le thème tu t'en vas en France pendant que nous restons pauvres à se les geler. Offuscation générale de l'auditoire, des organisateurs et de la dame qui n'en ont jamais saisi le deuxième degré qu'on a plutôt interprété comme une charge méchante. Désarroi du poète étonné de voir que personne n'a saisi l'ironie affectueuse des propos. On est pourtant dans les sommets du milieu littéraire montréalais. Paraît qu'ils on la peau courte... mais quand même! Serait-ce qu'on enseigne plus l'ironie à l'UQAM ?

Cette triste anecdote, qui finit bien par une explication de texte, montre un des paradoxes de l'époque. Le dire-vrai médiatique, politique ou littéraire en vient à exclure tout discours un tant soit peu complexe où les mots ne peuvent plus être autre chose que leur plat premier degré. Philippe Muray, Lakis Proguidis et tout le groupe autour de la revue l'Atelier du roman ont observé ce phénomène depuis longtemps. Dérive dangereuse d'un temps où le caché, l'obscur n'ont plus droit à l'existence sous les spots du festif obligatoire.

Dans le monde machine que dénonce Muray les mots ne peuvent dire que ce qu'ils sont sans quoi la machine se détraque.

L'ironie ne sied pas au langage C+.



4 Commentaires :

Commentaire écrit le mercredi 29 juin 2005 à 16:37:23 (lien)
Microclimatomachine
Faudrait bien que j'ai ses coordonnées... Genre no de tél.. est-ce que tu l'as?


Commentaire écrit le mardi 28 juin 2005 à 16:55:10 (lien)
magoua
Microclimatopithèque: Y part le 10 juillet pour la Mauricie où il a un même genre de contrat. Avec une machine en plus ! Le chaouin en question aimerait bien te voir dans le coin de la mi-juillet d'ailleurs.

Laurent: Ce genre de controverse sévit souvent dans le 6e à Paris; pense simplement à l'affaire Renaud Camus... Cela touche donc aussi les ex puissances moyennes en déclin ;-)
Quant a ton souhait, je pense qu'il se réalisera bientôt...


Commentaire écrit le mardi 28 juin 2005 à 16:16:32 (lien)
Laurent - http://embruns.net/
Les Québécois, un petit peuple qui pense petit. On aimerait tant qu'il prenne ses ailes et ait un peu plus d'ambition.


Commentaire écrit le mardi 28 juin 2005 à 16:00:19 (lien)
microclimatopitheque
peau courte ou peau d'chagrin, dans le sens trop mince. La Bolduc en a fait une toune je pense... (ayoye tu m'pinces, j'ai la peau du ventre trop mince, etc.etc.)

En passant, est-ce que le poète en question conserve le studio tout l'été?


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